Introduction (m.à.j. 17/02/2013) 


Présentation générale
Ce site internet permet la consultation d'une base de données visant à regrouper dans un premier temps les sources anciennes relatives aux philosophes qu'il est convenu d'appeler présocratiques.
Cette base de données, tout comme ce site, restent toutefois en voie d'élaboration, comme nous le précisons sur la page d’accueil, et les remarques qui suivent doivent s’entendre sous cette condition.
La présente collection vise une certaine exhaustivité et rencontre par conséquent les problèmes liés à la volonté de ne pas être sélectif. Quiconque travaille sur les présocratiques sait bien, pour avoir rencontré au fil de ses lectures nombre de passages le lui démontrant, que la collection du Diels-Kranz est incomplète. Mais quiconque travaille sur les présocratiques sait tout aussi bien que beaucoup de ces textes qui l’ont à un moment ou à un autre arrêté pour ne pas être répertoriés dans DK ne méritaient pas nécessairement d’y figurer. Les manques y sont, pour ainsi dire, des absences savantes.
Comme Diels le remarquera lui-même dans l’une de ses préfaces, il eut été plus simple (ce qui est vrai, du moins, à un certain point de vue), de fournir directement tous les matériaux récoltés. La sélection vise à faciliter le travail aux « débutants », même s’il faut craindre, avouait Diels, que du bon grain ait parfois été rejeté en même temps que l’ivraie.
L’exhaustivité pose en quelque sorte le problème inverse : alors que, dans le cas d’une sélection, les scrupules portent sur la possibilité que soit exclu ce qui ne doit pas l’être, prétendre tout publier oblige à considérer également les opinions faussement attribuées, les textes les plus anodins ou manifestement dérivés ou, en bref, tous ceux que nul ne songerait jamais à sélectionner.
La collection de Diels opérait déjà le travail critique, ce que l’on perd parfois de vue. Il ne s’agit pas ici de dénoncer ce travail critique, le plus souvent excellent, mais simplement de constater ce que Diels lui-même n’a jamais cessé d’affirmer, à la fois pour en prendre la mesure, et pour le distinguer du présent travail. 
Les raisons pour lesquelles un texte ne figure pas dans DK sont en général assez claires : une fois mises à part les nombreuses redites et les textes manifestement dépendants d’une source connue par ailleurs, les traitements issus du commentarisme, stéréotypés ou marqués par des interprétations manifestement anachroniques, et en tout état de cause, dépendant le plus souvent du texte commenté, subsistent bien entendu des textes atypiques, non représentés dans DK. Diels fut d’ailleurs dans certains cas beaucoup plus sélectif dans sa 1ère édition des Vors. : la plupart des textes issus d’Aétius concernant Thalès, par exemple, n’y étaient pas reproduits. Le geste était parfaitement clair : il s’agissait dans ce cas de ne pas entériner certains rapports astronomiques relevant manifestement d’une reconstitution tardive et anachronique. On peut comprendre toutefois que Diels essuya sur ce point certaines critiques, ce qui le poussa à revenir ensuite sur ce choix. Les attributions présumées fautives constituent en tout cas également un important motif d’exclusion.
Prétendre tout éditer — dans la mesure du possible et de nos compétences — n’aurait guère de sens s’il s’agissait par là de nier la nécessité d’une sélection. Considérer les redites manifestes, les textes anodins ou les attributions douteuses ou manifestement fausses, ne se justifie au contraire qu’à titre de préparation au travail critique et en constitue la première étape, nécessaire, et permet en outre de prendre la mesure de l'ensemble de la transmission, les travaux sur les présocratiques, ou sur la philosophie ancienne en général, ne se limitant pas à la détermination des opinions objectivement attribuables à un auteur. 
Toute personne cherchant à étudier un présocratique, et a fortiori tout éditeur de fragments et témoignages ou, plus globalement, de reliques, doit songer à un moment à un tel travail, qu’il paraît le plus souvent nécessaire de devoir laisser au fond des tiroirs ou des cartons. La question que nous nous sommes posée — et que nous nous posons encore, la présente collection constituant un prototype susceptible d’évolutions éventuellement radicales — est précisément de déterminer comment rendre accessible de manière commode une telle collection de textes.
Notre but sera ici de fournir en quelque sorte, outre les textes connus, l’index qui manque à DK: celui des passages ignorés. L'indexation informatique n'astreint pas à choisir un ordre de présentation qu'un index de références croisées viendrait compléter. La présentation peut y être au contraire dépendante directement des formes adoptées pour l'indexation, et permet par conséquent de varier les classements ou, pour employer les termes d'un jargon en l'occurrence assez limpide, de les rendre dynamiques plutôt que statiques.
La présente collection doit au demeurant assumer son statut mixte : bien que fondée sur le principe de l’index, elle propose cependant les textes auxquels elle se réfère, et ne peut donc se passer d’un travail critique sur ceux-ci (nb. ce travail constitue cependant, dans l’état actuel de la base, la portion congrue). Mais elle doit également conserver les traits d'un index ce qui, sans mettre en sommeil l'esprit critique, nécessite l'adoption d'une certaine neutralité, autant que faire se peut, ou que notre tempérament nous le permet.
Les fragments ne seront pas édités comme reconstitution, mais pris comme ce qu'ils sont d'abord la plupart du temps, des citations éparses au coeur des témoignages qui nous en transmettent les reliques, bien qu'il soit nécessaire, pour la clarté et la commodité, de conserver les références aux éditions modernes. Cette question, et quelques autres, seront abordées dans le reste de cette introduction.
 
Toute remarque critique, toute suggestion, ou toute question seront les bienvenues.


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